GT8 – Enseignement des mathématiques auprès des publics spécifiques ou dans des contextes particuliers
Coordonnateurs:
Jean-Philippe Drouhard (France)
Patricia Nebout (Côte d’Ivoire)
Laurent Theis (Québec)
Correspondant du Comité Scientifique :
François Conne (Suisse)
Présentation – Appel à contribution
Ce groupe se situe dans le prolongement des travaux réalisés à Sherbrooke en 2006 et à Dakar en 2009, mais prolongement ne signifie pas répétition à l’identique.
On pourrait caractériser l’enseignement des mathématiques auprès des publics spécifiques ou dans des contextes particuliers par trois « D »: Diversité, Différence et Difficultés, que nous proposons comme trois entrées possibles pour organiser notre groupe de travail.
1) La Diversité
C’est ce qui caractérise ces enseignements, d’abord entre les différents systèmes scolaires du monde francophone. Les dénominations elles-mêmes diffèrent, entre les pays et même entre les époques, liées à des évolutions idéologiques et philosophiques divergentes, au point de rendre malaisée la comparaison entre les systèmes.
Diversité également des publics visés, au sein d’un système éducatif donné et à une époque donnée, au point de décourager par sa complexité la description de l’ensemble des dispositifs d’enseignement (du niveau de l’institution à celui de la classe de mathématiques) supposément adaptés à ces publics.
Diversité des situations singulières des élèves enfin, précisément dans la mesure où l’on se refuse à réduire l’élève à sa seule dimension de sujet épistémique, de sujet de l’institution ou encore à sa seule dimension d’être souffrant ou désirant.
La description et l’analyse des enseignements des mathématiques pour les élèves à besoins particuliers, du niveau le plus macro (celui de l’institution) au plus micro (celui de la situation d’enseignement), dans une perspective d’élucidation critique et raisonnée, constitue un premier axe dans lequel pourront s’inscrire les propositions de communication au groupe de travail.
2) La Différence
Il s’agit d’abord et bien évidemment de la différence (ressentie ou projetée) entre le sujet réel et l’élève et l’apprenant « normal » auquel s’adresse l’institution, des effets de cette différence sur les apprentissages, mais aussi des modifications apportées ou à apporter à l’enseignement pour une meilleure prise en compte du sujet singulier dans son apprentissage des mathématiques. Ceci constitue le second axe d’inscription des communications.
Mais la différence est à chercher aussi dans la place des mathématiques dans les apprentissages de ces élèves, ainsi que celle (à conquérir ou à confirmer) de la didactique des mathématiques parmi les diverses spécialités consacrées aux élèves à besoins particuliers.
En particulier, comment faire pour que les apprentissages mathématiques soient présents dans l’éducation de ces élèves en prenant pleinement en compte leurs particularités, et non pas simplement comme une discipline parmi d’autres à enseigner, « comme d’habitude » ? Cela soulève la question (parfois occultée, mais souvent soulevée par les élèves) du « pourquoi ? » de l’enseignement des mathématiques.
3) Les Difficultés
Les plus immédiates sont celles d’apprentissage de la part des élèves – mais il ne suffit pas d’étiqueter ces difficultés, encore faut-il les comprendre et savoir les interpréter, en particulier en mathématiques.
D’abord, une fréquentation prolongée des élèves « en difficulté » conduit à considérer parfois que bien des élèves en réussite sont en fait des élèves en difficulté qui s’ignorent ! Plus sérieusement, la notion de difficulté d’apprentissage (manifestée par les élèves à besoins particuliers) renvoie d’intéressantes questions sur le fonctionnement « normal » des élèves dans les classes « ordinaires ». La difficulté apparaît ici comme un phénomène à analyser en termes systémiques.
Ensuite, il n’y a pas que les élèves à être « en difficulté ». C’est aussi le cas de bien des maîtres, terriblement démunis (surtout en ressources didactiques) face à ces élèves particuliers, et surtout lorsqu’il s’agit de les intégrer à une classe « ordinaire », en ne bénéficiant que d’un soutien minimal voire nul de la part de l’institution (formation trop courte, trop superficielle ou carrément inexistante).
Difficulté aussi des formateurs, qui doivent faire face aux questions des maîtres, et des didacticiens, confrontés à leur tour aux demandes des formateurs, et confrontés à la question des limites (de validité, d’efficacité) de ce qu’ils proposent.
On pourrait dire enfin (en liaison avec le thème général du colloque) que c’est toute l’institution scolaire qui est en difficulté pour prendre en compte (au delà des déclarations d’intention) les difficultés particulières des élèves.