GT7 – Enseignement des mathématiques aux niveaux post-secondaire et supérieur
Coordonnateurs:
Nadia Azrou (Algérie)
Stéphanie Bridoux (Belgique)
Denis Tanguay (Québec)
Correspondant du Comité Scientifique :
Carl Winslow (Danemark)
Présentation – Appel à contribution
Les savoirs mis en jeu dans les sociétés industrialisées contemporaines se caractérisent globalement par leur nature éclatée et ramifiée, sur-spécialisée. Cette sur-spécialisation soumet l’enseignement post-secondaire à des pressions et contraintes en faveur de programmes ad hoc, de cours de mathématiques spécifiques, visant telle technique biomédicale, telles méthodes de calcul des mathématiques financières, tels outils statistiques de la psychométrie, etc. À l’inverse, la complexité et la variabilité des systèmes avec lesquels le citoyen doit composer au jour le jour requièrent de lui une flexibilité et une adaptabilité de la pensée sollicitant fortement ce que, dans le GT 7 d’EMF 2009, nous avons appelé les « aptitudes et compétences mathématiques transversales » (c’est-à-dire plus ou moins indépendantes des sujets mathématiques spécifiques) : aptitudes aux raisonnements analogique, inductif et déductif, maîtrise des structures logiques universelles, capacité à abstraire, à théoriser, à modéliser, à poser et résoudre un problème... En outre, le développement rapide des outils technologiques rend vite caduques les connaissances techniques trop particularisées.
- Comment, dans ce contexte, adapter l’enseignement mathématique au post-secondaire et à l’université pour résoudre ces tensions antagonistes, pour former aux spécialités pointues du monde du travail tout en développant les aptitudes générales à expérimenter, mathématiser, rechercher exemples et contre-exemples, définir et formaliser, conjecturer et prouver ; pour contribuer à faire de chaque étudiant un professionnel et scientifique à la fois compétent, polyvalent et inventif ?
- Comment enseignants et chercheurs en mathématiques à l’université doivent-ils réagir face aux poussées d’un certain pragmatisme étroit, de l’utilitarisme à courte vue ?
- Comment à cet égard concevoir l’évaluation en mathématiques à l’université, pour qu’elle soit apte à mesurer la justesse et la précision des raisonnements rédigés — ce que ne permettent pas les QCM, par exemple — tout autant que l’acquisition des savoirs ? Doit-on trouver les ressources pour des temps d’évaluation plus longs, des épreuves plus fréquentes et variées, des corrections plus pointues ? Si oui, où et comment ?
- Comment relever ces défis de la formation aux mathématiques avancées sans exacerber les problèmes bien réels :
• de la désaffection des jeunes pour les filières scientifiques ?
• des discontinuités dans la transition secondaire-supérieur (ruptures dans les contenus, dans le niveau de formalisme et d'abstraction exigé, dans les méthodes d'enseignement et d'évaluation, etc.) ? - Quelles mathématiques enseigner et comment ? Quelles approches pédagogiques —alternatives ou non, soutenues par la technologie ou non — adopter selon les programmes, selon qu’on vise l’insertion au marché du travail ou les études supérieures, pour minimiser le nombre d'échecs et d'abandons des étudiants au post-secondaire tout en en faisant des citoyens autonomes, critiques et responsables ?
Références
Azrou, N., Tanguay, D. & Vandebrouck, F. (2009). Bilan des travaux et discussions du Groupe de Travail 7 : Enseignement des mathématiques aux niveaux postsecondaire et supérieur. In A. Kuzniak et M. Sangaré (Eds), Actes du Colloque EMF2009, Université Cheikh Anta Diop, Dakar (Sénégal), avril 2009.
Bloch, I., Kientega, G. & Tanguay, D. (2006). Synthèse du Thème 6 : Transition secondaire / postsecondaire et enseignement des mathématiques dans le postsecondaire. In N. Bednarz et C. Mary (Eds), Actes du Colloque EMF2006, Université de Sherbrooke (Québec), mai 2006.